Labé : zoom sur les femmes de la sous-préfecture de Daralabé

La sous-préfecture de Daralabé est située dans le massif du Fouta Djallon à environ 18 km de Labé. En 2016, cette localité comptait 9.718 habitants. A Daralabé, la plupart des familles font l’agriculture, l’élevage et le petit commerce. Dans cette localité de la région de Labé, plusieurs femmes se sont constituées en des groupements pour avoir leur indépendance financière, parmi ces groupements figure celui de Donghol M’balbhé et Kansaghil Dara Labé. Créé il y a huit ans, ce groupement compte trente et trois 33 personnes dont l’âge est avancé, leur activité principale c’est la culture de la pomme de terre.

Cependant depuis l’apparition d’Ebola en Guinée, ce groupement rencontre assez de difficultés pour bien mener leurs activités «Au moment où Ebola a attaqué notre pays on a beaucoup perdu et jusqu’à présent on n’arrive pas à s’en sortir. Actuellement on n’a pas de matériels pour nous permettre de bien travailler car on n’a pas de bottes, de Gans,  de motos pompe ni de clôture, la semence, le manque de personnel qualifiée, de formation» annonce Thierno Kadiatou présidente du groupement Donghol M’balbhé et Kansaghil Daralabé.

83328452_219310932425238_6029184625228644352_nPour réaliser leur activité, chacune donne 30.000 GNF sur un espace de 6 hectares pour cultiver la pomme de terre.

A Daralabé même si les femmes travaillent dans des groupements pour être autonomes, elles n’ont cependant pas épargnées des violences basées sur le genre. Du mariage précoce aux violences conjugales, sans oublier les mutilations génitales féminines notamment l’excision et le viol des mineures etc. Tous ces maux sont enregistrés dans cette localité. C’est pourquoi d’ailleurs L’ONG Agir pour le Droit Féminin ADF pilotée par Mme Kadiatou Diallo a été créé en 2018 et compte une vingtaine de membres. Elle a pour objectif de promouvoir les droits des femmes, et lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants.

Même si elle rencontre quelques difficultés qui sont généralement liées au financement, l’ONG selon sa présidente avance à pas sûr et travaille avec toutes les structures intéressées par les violences basées sur le genre VBG dans la région administrative de Labé.

IMG_20200113_094920_2Courant 2019, l’ONG a mené quelques activités sur le terrain « on a géré des violences conjugales, avons assisté une veuve mère de six (6) enfants et qui a un cancer sein. Au mois d’avril 2019 on a gérée le cas d’une fille de Lélouma qui avait les seins gonflés. Pour le cas de viol, on a monté un Projet pour sensibiliser les populations, hommes, femmes et enfants dans la lutte contre les viols et les violences basées sur le genre » a expliqué Mme Kadiatou Diallo.

Mais l’activiste se dit inquiète sur comment les cas de viols vont maintenant être gérés pendant que le TPI et la maison de justice ont été réduits en cendre lors des récentes manifestations qui ont émaillées la ville de Karamoko Alpha Mo Labé.

Côté sanitaire, Dr Boré Bala agent PEV affirme que les femmes enceintes fréquentent actuellement le centre de santé ceci grâce aux messages de sensibilisation. Au début selon ses explications, les femmes enceintes avaient des problèmes et ne connaissaient pas l’importance de venir accoucher dans les centres de santé, actuellement c’est tout à fait le contraire et la localité n’enregistre pas de mortalité maternelle et infantile témoigne-t-il.

83030649_195384984847379_53032735752585216_nParlant de l’équipage et le fonctionnement du centre, Dr Boré réagit en ces termes « tout est bien équipé, on a le courant 24/24, l’eau nous en avons, on a un forage dans l’enceinte de ce centre de santé et pour les 3 postes de santé c’est là où l’eau manque. Le problème que nous avons c’est au niveau de la réanimation, ça ne fonctionne pas vraiment. On demande à ce que ce là soit fonctionnelle car on a des fois des enfants qui méritent d’être réanimés, les équipements nous manque en même temps dans les postes de santé nous n’avons pas ça ici. Le personnel est au complet, seulement les équipements qui nous manque, on sollicite au près des bonnes volontés de nous aider à trouver un laboratoire qui pourra nous aider à diminuer les déplacements vers la ville pour des examens, ensuite avoir suffisamment de l’eau car le puits que nous avons ça tari et pendant le mois de mars nous payons de l’eau 4 bidons à 500 GNF vraiment à part ça tout va bien car nous avons des moyens de déplacement c’est-à-dire des motos de service » liste-t-il.

La déscolarisation des jeunes filles est monnaie courante dans cette localité. Cela s’expliquerait à travers plusieurs facteurs, comme l’indique Mme Mariama Diallo une citoyenne rencontrée dans la localité. Selon dame Diallo, le taux d’échec aux examens nationaux et la pauvreté seraient le socle de cette déscolarisation des jeunes filles « la déscolarisation des jeunes filles ici a Daralabe est due à l’échec au BEPC car des fois c’est entre 5 à 7 admis que nous obtenons ici à  Daralabe. La pauvreté aussi, l’ambiance vouloir un époux si rapidement, tout ceci peut les conduire à l’abandon de l’école à part ça tout va bien » signale-t-elle.

L’autre problème qu’il faut signaler c’est déforestation, alors que les femmes de cette localité avaient planté des arbres pour préserver leur forêt, des personnes sont venues couper ces arbres sans pour autant donner la part à ces femmes.

Mamadou Lamarana Bah depuis Labé pour actualitefeminine

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