Labé: A la rencontre de la première femme à la tête d’une l’école coranique

Contrairement aux années précédentes, plusieurs femmes dirigent actuellement des écoles coraniques et ont des disciples. A Labé par exemple, elles sont nombreuses ces femmes qui ont des écoles coraniques et qui participent profondément à l’éducation des enfants notamment des jeunes filles.

Thierno Amanatou Diallo en est une parfaite illustration. Cette dame qui a appris le coran avec son Papa à Thiaguel Bory est aujourd’hui, une femme qui enseigne des centaines d’enfants par jour. Elle a débuté ce travail depuis 1982, nous rapporte notre correspondant local.

« J’ai commencé par trois étudiants amenés par mon Papa. Avec ces trois, nous avons clôturé les lieux de lecture avec des pierres. Et un jour, j’ai reçu trois autres filles ensemble. Avec ces six, j’ai continué d’enseigner et éduquer. Quelques temps après, j’ai eu dix (10) talibés. Comme mon Papa a vu que j’ai maintenant beaucoup, il a retiré les trois siens. Chacun s’occupait de son doudhal (école coranique)» a-t-elle entamé.

Tout porte à croire que les initiatives de l’ancien Imam Ratib a participé à l’émergence de l’école coranique de Thierno Amanatou Diallo. Thierno Abdouhahmane Bah avait à son vivant unifié toutes les écoles « Cette politique  Nous a permis d’avoir beaucoup de talibés. Nous avons maintenant beaucoup de filles et femmes et de jeunes garçons. Les jeunes, il y’ a certains qui ont fini l’Université. C’est ceux-là, que je viens juste d’initier. D’autres font le lycée » poursuit-elle avant de renchérir sur le déroulement des cours.

79356175_2558923397478243_752701788947218432_n« J’ai 09 garçons et 08 filles qui font l’internat avec moi. Et aujourd’hui, tous mes talibés réunis seront plus de 150 y compris les vieux. A chaque fois, nous organisons des compétitions pour mesurer le niveau de compréhension de nos étudiants »  confirme Thierno Amanatou Diallo qui mentionne que c’est souvent la couche féminine qui est victorieuse au niveau de toutes les dimensions d’âge confondue.

Par ailleurs, des difficultés majeures surtout d’ordres hydriques et d’habitations sont rencontrées régulièrement par la femme et ses talibés « Nos difficultés sont majeures. Ici, nous n’avons pas de puits et l’eau de la SEG n’est pas stable parce  que parfois, nous restons 5 jours sans avoir de l’eau. De ce fait, nous sommes obligés d’aller chez le voisinage pour se procurer de l’eau de forage. Sinon, nous allons où se trouvent les puits. A cela s’ajoute, le manque d’appartements pour héberger les talibés » indique-t-elle.

Dans sa logique, elle interpelle les femmes et filles qui n’étudient pas le coran d’en apprendre « Je demande aux femmes et filles d’aller dans les écoles coraniques. Elles y sont nombreuses mais il faut augmenter les sensibilisations. Si tu vois, une fille qui s’habille de façon non religieuse, cela veut dire qu’elle n’est pas à l’école coranique et sa maman aussi» conclu l’enseignante de l’islam depuis plus de 37 ans au micro de notre correspondant régional.

Mariée à l’âge de 14 ans, Thierno Amanatou Diallo a plusieurs enfants qui suivent ses traces.

Mamadou Lamarana Bah, Labé pour actualitefeminine 620132028

 

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