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Kindia/journée mondiale de l’enseignant: À la rencontre de Mariama Diallo enseignante-chercheure à l’université Foulaya

La Guinée à l’image des autres pays du monde a célébré ce lundi 5 octobre 2020 la journée internationale de l’enseignant. A cette occasion, notre rédaction a rencontré Madame Mariama Diallo enseignante-chercheure à l’Université de Kindia et vice doyenne chargée de la recherche à la faculté des langues et lettres.

Mariée et mère de trois enfants, la jeune dame s’est battue corps et âme pour réaliser son rêve malgré les  multitudes obstacles. Concilier le foyer à la formation et l’enseignement n’a pas du tout été facile pour la brave dame « l’enseignant-chercheur est en perpétuel formation. Par exemple mon cas, je me suis mariée quand je faisais le master. Il fallait aller à l’école, préparer mes leçons pour enseigner mes étudiants, s’occuper de mon 1er enfant et de mon mari. Il arrivait un moment où j’avais envie d’abandonner pour suivre une seule chose » Explique  la vice doyenne chargée de la recherche.

L’autre difficulté rencontrée par Mme Diallo Mariama au début de sa carrière, c’est l’insertion avec certains de ses responsables « Kindia m’a servi en centre de formation, ensuite un centre de service. J’ai été orientée ici en 2007, j’ai terminé la licence en 2010. Il était question de recruter des homologues donc je faisais partie des homologues qui ont été recrutés, mais après il était question de suivre des professeurs en classe, les assister, apprendre la pédagogie mais quand on venait certains avaient du mal à nous digérer, même quand on faisait des interventions et que ça plaisaient aux étudiants, le titulaire n’aimait pas cela. Moi mon titulaire n’a pas hésité de dire en face qu’on n’assiste pas quelqu’un pour lui retirer son cours » indique-t-elle.

Plusieurs responsables à l’époque ont cherché à décourager dame Diallo en mettant les bâtons dans les roues, mais avec la détermination et le courage d’aller de l’avant, elle est devenue titulaire en 2015 « je profite de l’occasion pour remercier les autorités de l’Université qui m’ont accompagné pour le master. Depuis 2015 je suis titulaire et j’ai terminé ma thèse l’année passée. Donc en 2017 j’ai soutenu après la soutenance, ils ont lancé un appel à candidature pour la thèse, j’ai déposé mes dossiers qui ont été soutenus et présentement à Sonfonia où on m’a pris en qualité d’étudiante » précise-t-elle.

Par rapport à la faible représentativité des femmes qui enseignent dans les universités guinéennes, Mariama Diallo fait son analyse « L’État et les institutions continuent de se battre pour la scolarisation de la gente féminine mais le constat est que peu de jeunes filles arrivent à l’Université. Si vous visitez les écoles primaires collèges, et même les lycées le nombre de filles dépasse les garçons mais au fur et à mesure qu’elles avancent le nombre diminue. Cela s’explique par le fait que les filles après les cours font les travaux ménagers elles n’ont pas suffisamment de temps pour apprendre leurs leçons et les leçons non apprises s’accumulent. Ensuite les filles grandissent vite, il y a le mariage précoce, les grossesses non désirées, la déscolarisation. Enfin, les étudiantes après le cursus ne veulent pas enseigner parce que pour elles l’enseignement c’est un sous-métier, d’autres aussi c’est par manque de niveau ou par manque de confidence en soi même si elles ont la capacité qu’il faut » dit-elle.

Au terme de l’entretien, elle demande aux autorités administratives de s’investir davantage pour la scolarisation des jeunes filles avant qu’il ne soit trop tard.

Mamadou Samba Diallo 657835989

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