KATALA224/secteur informel : « l’école n’est pas le seul chemin de réussite » dixit Hawa Saïdou restauratrice

Nominée au KATALA 224 dans le secteur informel, Hawa Saïdou est l’une des braves femmes qui n’a pas accepté d’être dépendante. Même si elle n’a pas fréquenté l’école, Hawa Saïdou est mariée et mère de 7 enfants, elle est une Restauratrice de renommée au marché de BOULBINET.

Issue d’une famille pauvre, Hawa est l’une des filles à qui la vie n’a pas laissé de choix ! Elle a grandi avec sa mère commerçante qui l’a initié au commerce dès qu’elle a su marcher.  L’école n’a donc pas été une option pour elle. Très bonne élève et très intelligente, Hawa a très vite pris son indépendance dans le business. Pour elle, il ne fallait pas faire la concurrence à celle qui l’a tout appris, donc elle décide de s’installer à Conakry en 1999.

 Hawa, la désormais cordon bleu, commença avec le plat léonais gari au marché de Boulbinet. Voyant l’affluence et l’encouragement de ses clients, elle décide de passer au riz.  De par sa bonne cuisine, le « Konkoë Touré-Gbély » et « Bourahè » de Hawa ont eu un véritable succès ! Tout le monde en parle et y mange.

Elle était tellement sollicitée, que même le feu président de la république Général Lansana Conté en personne s’était déplacé pour aller manger dans son restaurant à ciel ouvert.  Qui par la suite l’a invité au palais présidentiel pour la féliciter et l’encourager avec une enveloppe de 3.000.000 GNF.

Possédant une fibre commerciale et entrepreneuriale naturelle, Hawa est l’une des rares vendeuses de renommée à vendre le plat à partir de 6.000GNF parce que connaissant parfaitement son cœur cible, qui est composé essentiellement de jeunes ouvriers. A date, elle vend 250 kilo de riz au minimum par jour et se fait une marge minimale mensuelle de 3.000.000 GNF après toute dépenses liées au business et sa famille. Famille qu’elle prend entièrement en charge depuis 18 ans (c’est-à-dire depuis que son mari est au chômage).

Sa plus grande motivation est la réussite de ses enfants ! C’est pourquoi, bien qu’elle ait investi dans l’achat d’un terrain à Freetown, elle mise l’essentiel de ses économies dans l’éducation de ses enfants. C’est pour cette raison, elle n’a pas hésité une seule seconde à inscrire son 4ème garçon dans une école de foot en France lorsque l’opportunité s’est présentée.

Hawa dit souvent « ça me faisait mal de ne pas pouvoir aller à l’école comme mes camarades d’âges, mais l’école n’est pas le seul chemin de réussite. » avant d’ajouter « la femme aussi doit pouvoir faire face aux charges de la famille ».

Sera-t-elle l’heureuse lauréate du KATALA 224 dans le secteur informel ?

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