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Guinée : la web-féministe Aminata Pilimini Diallo initie un débat sur lexcision

Aminata Pilimini Diallo journaliste web-féministe, a initié ce samedi 08 janvier 2021 à Conakry, un débat sur les mutilations génitales féminines notamment lexcision. Durant cette rencontre, les pros et anti excision ont donné leur point de vue sur cette pratique qui est un sujet délicat dans la société. 

Les mutilations génitales féminines notamment l’excision sont un sujet délicat entre les féministes et les conservateurs de la culture ancestrale. Si le premier groupe dénonce les conséquences liées à cette pratique sur la femme, l’autre camp estime que cest une sunnah en islam. Pour une large information sur l’excision, la web-féministe Aminata Pilimini Diallo a initié un débat entre ceux qui sont pour ou contre l’excision.

« J’ai organisé ce débat parce que depuis 2015 je suis sur les réseaux sociaux et je suis féministe, beaucoup de questions sont débattues. Mais l’excision est la plus dominante, alors j’ai décidé de faire un projet sur ça et il y a eu des gens qui ont voulu m’accompagner Global Médias Campel. J’ai publié sur les réseaux sociaux l’excision pour ou contre un débat face à face et j’ai eu des commentaires, de là j’ai programmé des débateurs 05 qui sont contre et ceux qui sont pour, il y a eu beaucoup de difficultés. Hélas ! Ils ne sont pas tous venus » explique-t-elle.

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Après toutes les explications, l’initiatrice de cette rencontre estime que l’excision n’est pas une bonne pratique pour la femme « c’est une satisfaction qu’on ait fait un débat sur un sujet qui est très tabou, un débat sur l’excision et qu’il n’y ait pas eu de manque de respect entre les débateurs et chacun a donné sa position et des arguments valables. Un expert en droit islamique qui nous a expliqué en audio prouve par A+B que l’excision n’est pas islamique et nous avons écouté le médecin qui à son tour aussi, a prouvé qu’il n’y a pas à faire l’excision parce qu’il y a plus de conséquences que d’avantages » indique-t-elle.

IMG-20210109-WA0032Ibrahim Mansaré l’un des débatteurs qui est pour lexcision, précise que cette pratique est valable sur trois volets notamment la religion, la science et la tradition « religieusement, tous les livres en droit islamique ont tous un chapitre qui traite cette question notamment l’excision et la circoncision. Toute la vie et tout comportement de l’homme sont orientés, normalisés sur le plan religieux. Du point de vue science, l’espérance de vie de nos mamans et de tout ce qui s’en suit prouve à suffisance qu’elles pouvaient faire assez d’enfants et on ne peut pas se permettre de justifier les complications par rapport à ce point. Au niveau de la culture, c’est vrai que l’islam a trouvé assez de choses, d’idées qui sont conformes aux principes sacrées de la recommandation divine. Ceux qui ne sont pas conformes, le prophète Mohamed PSL a tout condamné, la femme était à l’époque l’épreuve de tous les maux de la société, donc c’est le prophète PSL à travers le message qui lui ai relevé qui a tout fait pour recourir l’honneur et l’identité de la femme. Si c’était nocif, le prophète n’allait pas rester sans condamner cette pratique » argumente-t-il.

IMG-20210109-WA0023  Kadiatou Touré journaliste activiste, est contre l’excision et donne les raisons de sa position « je suis contre l’excision parce je me suis intéressée à ce sujet il y a quelques années et j’ai eu à réaliser quelques documentaires sur cette pratique, je me suis rendue compte qu’elle a plus d’inconvénients que d’avantages. J’ai vu les raisons pour lesquelles les parents continuaient à pratiquer l’excision, je suis arrivée à la conclusion en disant quil s’agit de l’initiation. En fait les parents continuent et veulent toujours exciser leurs enfants parce qu’ils pensent qu’il faut les initier, il faut les apprendre à se comporter dans la société, mais je me suis rendue compte aussi qu’aujourd’hui il y a la pratique de l’excision sans l’initiation il y a ce qu’on appelait dans une de nos langues fendaly et les jeunes filles ne connaissent plus ça et cela c’est tout ce qui rentrait dans l’initiation. Aujourd’hui ce n’est pas ce qui se passe, on amène la petite à l’hôpital le lendemain on la voit sauter dans la cour et il y a assez de choses qui sont liées à ça aujourd’hui comme l’accouchement » dénonce-t-elle.

Enfin, Pilimini notifie que cette rencontre vise à conscientiser la population sur cette pratique qui n’est pas bonne pour la femme et de protéger la couche féminine des mutilations génitales féminines notamment l’excision.

Korka Bah 622 61 12 41

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