Guinée : une guérie de la COVID-19 réagit à l’occasion de la journée mondiale d’action pour la santé de la femme

Le 28 mai de chaque année, l’humanité célèbre la Journée mondiale d’action pour la santé des femmes. Créée initialement en 1987 par le Costa Rica lors de la cinquième Rencontre internationale sur la santé des femmes, cette journée d’action avait d’abord pour objectif de combattre la mortalité et la morbidité maternelles. Puis elle a ensuite été orientée vers les problèmes d’accès à des services de santé de qualité, accès considéré comme un droit des femmes.

En république de Guinée, cette journée passe inaperçue. Pour commémorer cette date, notre rédaction s’est intéressée à certaines femmes guéries de la COIVD-19. Pour cet entretien, Dame Moussa Yéro journaliste et activiste pour le respect des droits de la femme, présidente de l’ONG F2DH a expliqué comment était son traitement au CTE de Donka. Elle a par ailleurs fait quelques suggestions aux femmes pour prévenir cette maladie qui fait ravage dans le monde.

Fatiguée par la grossesse, dame Moussa Yéro a à l’entame indiqué qu’elle était asymptomatique, elle et ses collègues des Grandes Gueules d’Espace Fm ont pris l’initiative d’aller se faire se dépister car ils étaient tout le temps en contact avec des invités « Nous sommes partis faire ce test de dépistage avec les collègues des Grandes Gueules et les résultats sont sortis trois jours plus tard et j’ai été testée positives avec deux de mes collègues. Ce n’était pas évident au départ car nous avons été les premières victimes en république de Guinée donc au début c’était un peu difficile mais avec les remarques et suggestions les gens ont réussi à améliorer les choses » explique-t-elle.

A cause de son état avancé, l’activiste ne suivait pas le même traitement que les autres malades de la COVID-19 ce qui fait qu’elle a passé 21 jours au CTE de Donka « Le système qui a été mis en place notamment avec le traitement à la chloroquine et l’azitronicine c’est vrai que je n’ai pas suivi ce traitement à cause de mon état ce qui fait que j’ai duré au CTE plus que mes collègues, les médecins ont décidé après un collège médical qu’ils ne pouvaient pas me suivre à la chloroquine donc j’ai été plutôt soumise à un antibiotique qui pouvait empêcher la surinfection ce qui fait que j’ai passé 21jours avant d’être dépistée finalement négative » indique-t-elle.

En famille même si la crainte était là, mais l’activiste a su gérer la situation tout en rassurant son entourage qu’elle se portait à merveille lors de son traitement « J’ai eu de la chance d’être dans une famille où les gens ont compris la situation parce que dès le début j’ai expliqué le cas de la maladie, j’en parlais avec mes enfants et mon époux avant même de me retrouver dedans et quand j’ai senti qu’il y avait ce risque au départ j’ai pu me mettre en retrait de tout le monde, à chaque fois que je rentrais du travail je disais aux enfants de ne pas m’accueillir, de ne pas s’approcher de la voiture, de me laisser descendre toutes seule et faire descendre mes bagages et j’allais tout droit dans ma chambre, dans la toilette me laver enlever les habits avant d’être en contact avec ma famille. La chance que j’ai eue j’étais asymptomatique à part la perte d’odorat que j’ai eu et la gorge qui séchait, je ne présentais pas de signes majeurs, ce qui fait que j’ai pris ma voiture et je suis allée à l’hôpital pour me faire hospitaliser. Donc ma famille était rassurée car elle savait quand je sortais ici je n’étais pas malade et tous les soirs, chaque matin j’appelais pour parler avec la famille » notifie-t-elle.

Officiellement guérie de la COVID-19, dame Moussa Yéro Bah a imposé le respect des gestes barrières notamment « garder un mètre de distance avec les enfants durant trois semaines, les docteurs m’ont demandé de rester trois semaines par mesure de prudence et pendant cette période il fallait mettre la bavette et respecter cette distance avec les enfants et être seule dans la chambre » précise-t-elle.

Si certaines personnes ne croient toujours pas à l’existence de cette maladie, la journaliste précise que la COVID-19 est une réalité et nul n’est épargné surtout les femmes qui sont beaucoup plus exposées. A l’occasion de la journée mondiale d’action pour la santé de la femme, elle a lancé un message à cette couche sociale souvent vulnérable « C’est nous qui sommes proches des enfants il faudrait que nous leur fassions comprendre qu’en cette période il faut respecter les mesures barrières, il faut surtout en sortant de chez soi mettre la bavette c’est ce qui protège la personne, respecter une certaine distance et éviter surtout au marché de se toucher le visage jusqu’à ce qu’on rentre à la maison, qu’on parte faire la toilette et qu’on enlève cette bavette et la nettoyer proprement, ça protège votre famille et votre entourage » lance-t-elle.

Il faut indiquer qu’en république de Guinée, le chiffre des cas positifs s’alourdit. Plus de Trois mille cas confirmés positifs au COVID-19, un millier sortis guéris  et une vingtaine de décès.

Hasso Bah

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